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Mode arborescent

  1. #11
    1982.

    Les châssis TV couleur ne s'identifieront plus par l'appellation GSC mais CUC comme ce tout nouveau CUC A (= CUC 220 pour 90° et CUC 720 pour 110°) regroupant: prise péritel, balayage 625 lignes (arrêt du 819 lignes en France) à transistor et réglage des chaînes (29+1AV) par synthèse de fréquence et alim à découpage.

    cuc-a.png


    La correction est/ouest en 110° intégrait un nouveau modulateur à diodes avec l'incontournable BY 228 et fonctionnait à la manière d'une diode zener variable dont la tension pouvait être la parabole de correction modulant le balayage ligne de telle sorte que le haut et bas de l'image aient moins d'amplitude que le centre. Cet excellent type de balayage ligne perdurera jusqu'à la fin de l'aventure Grundig. J'y mettrai quand même un bémol. L'utilisation du BU 208 pouvait être farceur suivant le fournisseur. Il en existait 2 types. Dans un but de déstockage de la jonction base / émetteur, certains avaient une résistance interne entre 40 et 150 ohms selon les fabricants et d'autres, incompatibles, devaient se voir câbler le composant en externe. Il en sera de même avec le BU 508 (résistance de 100 ohms). Voire le 2SD1432 de chez Toshiba bien des années plus tard. On pouvait facilement se faire piéger en passant commande chez un grossiste.

    Pour la première fois, la fonction "Automatic Cut-Off Control" que Brandt va appeler Stabicolor dès 1985 (principe un peu différent) était utilisée chez ce constructeur. La technique était simple. Le nouvel IC TDA 3505 (G), dédié à la gestion vidéo, intégrait un circuit interne de mesure et d’équilibrage du débit moyen des 3 canaux qui concrètement contrôlait en permanence l'équilibre de l'échelle des gris et donc aussi la fidélité des couleurs. Au début de chaque trame (lignes 22,23,24 et 325,326,327), le TDA 3505 délivrait successivement sur chaque voie une impulsion de 52us d’un niveau équivalent au gris moyen déterminant une conduction de référence du canon à contrôler. Les 3 informations en retour sur l’IC étaient analysées. Le résultat final traduit sous forme de charge (via 3 condensateurs) permettait pendant le reste de la trame (20ms) d’ajuster le point de travail de chaque amplificateur vidéo jusqu'aux limites physiques d'un tube rincé!!! Ce circuit intégré fiable sera exploité par Grundig jusqu'en 1995. On pouvait vite constater l'efficacité de ce contrôle avec un écran déjà usé qui au démarrage délivrait des couleurs erronées. Elles étaient rapidement compensées par l'IC. Avec un tube qui fonctionnerait encore, il est possible aujourd'hui, de retarder l'apparition de l'image fatiguée en augmentant la valeur de C9552 sur le CUC A (à l'origine entre 10 et 22uf 16V suivant les châssis), le temps d'obtenir la correction nécessaire. Ce condensateur était chargé de simuler pin 27 du TDA 3505, le courant de faisceaux. Défectueux, il pouvait d'ailleurs être la cause d'une luminance trop longue à venir ou couleurs dégradées.

    Un nouveau signal venait d’apparaître au début des années 80, le fameux château de sable ou SuperSandcastle (SSC) fabriqué dans l'IC de l'oscillateur ligne contenant 3 informations sur des paliers bien précis (brevet Philips):
    - Niveau 1=11V: permet d'activer une porte de salve ou clamper au niveau du noir à chaque ligne. Essentiel pour le portier chroma.
    - Niveau 2=4.5V: utilisé pour l'effacement du retour ligne à chaque ligne.
    - Niveau 3=2.5V: utilisé pour l'effacement du retour trame avec 2ms de durée à chaque trame (20ms).
    Indispensable au contrôle automatique de gain de la chroma, le SSC servait donc aussi à la gestion du contrôleur luminance, entre autres. Sur le CUC A, il était exploité pour la première fois et communiquait entre 3 modules qu'étaient la synchro qui le générait, la chroma et le module RVB qui en tiraient parti.

    Le poids des 8 modules au total, notamment du tuner-FI censé rigidifier l'ensemble, pouvait fragiliser le châssis principal et provoquer des cassures de pistes invisibles à l'œil nu. Je dois reconnaître qu'il fallait de la poigne pour les insérer à l'époque ces cartes enfichables. Heureusement, l'oscillo était là en cas de mauvais contacts.

    Le CUC A était à mon sens, doté d'un meilleur traitement chromatique que le CUC C et plus particulièrement d’une gestion du rouge plus agréable à l'œil selon le tube utilisé surtout en 110°.

    Sans oublier l'exploitation des nouveaux tubes cathodiques couleur 30 AX encore appelés A 540 X (56 et 66 cm en 110°) provenant de l'usine RTC - Philips de Dreux, offrant un contraste accru de 30% comparés aux 20 AX grâce à l'emploi de luminophores filtrants. Le déflecteur devient indissociable de son tube. Suppression totale des réglages à effectuer (pureté, convergences statiques et dynamiques et orientation d'image). Avec les canons à électrons de nouvelle génération, une meilleure finesse et uniformisation de la concentration sur tout l'écran sont obtenues. Tout cela est rendu possible par la réduction des tolérances. Philips va même pousser le luxe de déposer sur les zones externes non graphitées du cône du tube, un revêtement de très forte résistivité. Le but étant de supprimer le phénomène de crépitement suite à des variations du contenu de l'image par temps sec, générant des petites décharges en surface sur le cône du tube.

    L'alimentation "New génération" à découpage isolée secteur (châssis froid) faisait une entrée remarquée par le très respectable IC TDA 4600 (01). Régulation parfaite et contrôles des sous et surtensions secteur maitrisés. Un sans faute avec une maintenance facile. Hormis peut-être une mise en veille par relais, pas forcément gage de longévité.

    Grundig France présentera désormais chaque année et pendant 9 ans, une gamme "Monolith" de prestige regroupant des TV de haut de gamme associant une image de qualité suivant le tube cathodique disponible et une restitution sonore soignée de 20 à 35w max par voie assurant un confort d'écoute apprécié surtout dans les infrabasses. Le premier fut le A 8883 FR PS.

    monolith-a8883-fr-ps-28198329.jpg


    Même s'il est vrai que les premiers spécimens "Monolith" sont apparus timidement en fin d'année 1981 en France via les deux brefs modèles A 8672 (SECAM + son mono + relief sonore en 2 x 20w):

    a-8672.jpg


    Et A 8800 PS (PAL stéréo + SECAM + relief sonore en 2 x 20w):

    a-8800-ps.jpg


    Retrouvez tous les Monolith Grundig sur ma page dédiée:
    https://windows7passion.fr/monolith-tv.html

    Max Grundig se préoccupe de sa succession à 74 ans et sait que sa société ne peut survivre seule. Or une session totale à Philips parait impossible compte tenu des règles de l'office du cartel allemand surtout que Max Grundig en demande 800 millions de DM. Thomson France fraîchement nationalisé est le mieux placé pour racheter 75.5% des parts, en créant une société commune de recherche à 3 avec Philips et Grundig, permettant par la même de juguler l'invasion nippone. Ce protocole ne se fera jamais à cause de Philips et des nouveaux politiciens allemands de droite (Helmut Kohl) alors que la France socialiste et communiste y était plus que favorable. Les poids du passé, le jeu des hommes et des politiques en particulier, les intérêts à court terme de ces sociétés, finiront par devenir les fossoyeurs de la marque d'outre-Rhin!!! Ce qui n'empêchera pas Grundig de prendre le contrôle de Telefunken (filiale du groupe AEG) dès cette année.

    max-grundig-ok.jpeg


    Retrouvez la revue commerciale Grundig France de 1982 ici:
    https://windows7passion.fr/revue-1982.html
    Dernière modification par tontonve ; 11/12/2022 à 02h59.
    Tontonve Charleville (08) et Chaumont (52)
    https://windows7passion.fr/grundig.html

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