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  1. #301
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    Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 : la Côte d'Azur

    1) Le Mont-Agel - Télé Monte-Carlo (suite)



    L'année 1956 est importante pour Télé Monte-Carlo qui, avec l'aide technique de la R.T.F. (en train de construire sa station du Pic de l'Ours qui débutera ses émissions le 1er août), sera chargée de retransmettre en Eurovision le mariage du Prince Rainier III avec la célèbre actrice américaine Grace Kelly dans la Salle du Trône du Palais, puis dans la Cathédrale de Monaco :


    Montage "maison" des deux interventions de Jacqueline Caurat,
    puis de la couverture des mariages civil et religieux de Rainier et
    Grace de Monaco les 18 et 19 avril 1956 par
    TMC, aidée par la RTF


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    Document © INA


    Avec le développement de la couleur dans les années 70, Télé Monte Carlo, devenue TMC, préparera sa mutation en introduisant des émissions en 625 lignes SECAM dans ses programmes à partir du 24 décembre 1973 :


    Lundi 24 décembre 1973 : TMC introduit la couleur dans une partie de ses programmes.

    Les téléviseurs français monostandard SECAM ne sont, à cette date, équipés que des canaux VHF prévus pour le 819 lignes français (à l'exception du canal E7 de Télé-Luxembourg, mais il ne peut être utilisé par TMC) et des canaux UHF prévus pour la norme L SECAM. La chaîne continue donc d'utiliser le canal F10H , en 625 lignes couleurs, ce qui en fait une exception technique (la Première Chaîne ORTF fait néanmoins des essais de mires en 625 lignes SECAM les mardi matins en relayant la Deux).




    Pour faciliter la réception dans les environs du Mont-Agel, un second émetteur est mis en service en parallèle, à la norme L SECAM comme la 2ème chaîne ORTF, sur le canal 30 UHF avec une P.A.R. de 500 kW. Mais sa zone de réception est bien plus réduite que celle du canal 10. Il faudra attendre les années 80, avec la mise au point des nouveaux canaux VHF en norme L' (utilisés par Canal Plus) pour que le F10 soit remplacé par le canal L08. Toutefois, les anciens téléviseurs ne pourront pas le capter correctement car la porteuse audio se retrouve de l'autre côté de la porteuse vidéo : on a le son sur un canal, et l'image sur un autre, ce qui n'est pas sans poser problème pour les téléspectateurs hors de portée du canal 30, seul recours pour ces anciens récepteurs...

    Entre temps, la guerre des systèmes couleurs fait rage en Italie, qui n'a pas encore choisi le sien. Dans le nord et l'est de la "botte", le PAL domine avec les émissions en italien de la TV Suisse (T.S.I.) et surtout "TeleCapodistria", installée en Slovénie dans la Yougoslavie de Tito, qui a passé des accords économiques avec les Allemands de l'Ouest : officiellement, cette chaîne en italien est destinée aux minorités italophones de Slovénie, mais en fait elle émet des programmes très attractifs (sports, films, émissions jeunesse etc) vers Trieste, Venise, puis rapidement vers le reste de l'Italie grâce à des réémetteurs privés, tolérés par le gouvernement à cause d'un vide juridique.

    En 1971, pour défendre le SECAM, les industriels français ont voulu faire relayer TMC vers l'Italie grâce à un émetteur-relais hébergé par l'ORTF dans son centre de Bastia Serra di Pigno, capté jusqu'à Rome :



    La guerre des procédés couleur en Italie racontée par L'Express.
    Elle sera gagnée sans difficulté par le
    PAL allemand, le gouvernement
    français, accroché à son monopole, ayant refusé d'autoriser
    TMC
    à émettre en
    SECAM en italien depuis l'émetteur ORTF de Bastia.



    Le président Pompidou, ardent défenseur du monopole de l'ORTF qu'il appelle "La Voix de la France", s'y est opposé obstinément, pressé par les dirigeants de l'Office anxieux de voir une chaîne privée venir sur leurs terres. TMC devra continuer de se contenter de son bassin d'audience trop limité, ce qui lui crée bien des soucis côté ressources publicitaires, la chaîne perdant beaucoup d'argent.

    En parallèle, avec le soutien discret du ministre des Finances de l'époque, Valéry Giscard d'Estaing, un mystérieux projet "Canal 10" est constitué dans l'ombre par des financiers et des publicitaires autour de Jean Frydman, directeur de TMC qui a pour actionnaire majoritaire la société Images et Son, propriétaire de Europe n°1. Leur but : utiliser dans les deux-tiers Sud de la France, jusqu'à Paris, l'un des réseaux nationaux UHF attribués à la France par le plan de Stockholm, pour lancer une chaîne privée en concurrence avec l'ORTF, en développant Télé Monte-Carlo qui servirait de cheville ouvrière à ce montage. Pour éviter un affrontement direct avec la CLT propriétaire de RTL et de Télé-Luxembourg, le nord de la France ne serait pas compris dans ce projet. Mais l'attachement profond du président Pompidou au monopole y mettra fin et pour couper court à toute récidive, le premier ministre Jacques Chaban-Delmas poussera l'ORTF à mettre en service le plus vite possible une 3ème chaîne. Celle-ci débutera ses émissions dès le 31 décembre 1972.

    Quant à l'Italie, selon le même principe que les Yougoslaves, Monaco installera au Mont-Agel un petit émetteur UHF sur le canal 35, en norme G SECAM avec une PAR de 50kW, qui sera relayé lui aussi par des réémetteurs privés dans la péninsule italienne. Officiellement créée pour la communauté italophone monégasque, "Telemontecarlo" émettra ainsi de 1974 à 2001, mais l'Italie choisira en définitive le système allemand PAL en 1976. Jusqu'à cette date, lorsque la RAI reprenait des émissions étrangères initialement en couleurs, elle supprimait le codage PAL ou SECAM avant de les relayer sur ses chaînes !

    Les années 80 apportent un peu d'oxygène à TMC : alors que sa convention initiale avec la France lui interdisait tout relais dans l'hexagone, la nouvelle Loi de 1982 sur l'audiovisuel permet à des chaînes étrangères d'être relayées sur tout ou partie du territoire français.Le président Mitterrand et le Prince Rainier signent alors une nouvelle convention attribuant à TMC des relais en 625 lignes UHF norme L SECAM, pouvant être reçus par tout téléviseur ancien comme récent, dans les agglomérations de Toulon, Hyères, Marseille et Avignon. Elle est même reçue à Montpellier, triplant ainsi son bassin d'audience et surtout ses recettes publicitaires.

    L'arrivée des chaînes privées françaises qui se profilent à l'horizon (Canal Plus en 1984, La Cinq et TV6 en 1985) assombrit encore plus l'avenir de TMC. Nous n'entrerons pas ici dans les nombreuses incertitudes qui marqueront la chaîne au gré de ses passages dans les mains des divers groupes financiers qui se succéderont à la tête des 80% de son capital au côté du Prince de Monaco, qui n'en détient que 20% et ne peut donc en maîtriser les prises de contrôle successives.
    Dernière modification par Colorix ; 25/06/2017 à 23h07.
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    Louis Marie Foratier

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  2. #302
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    Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 : la Côte d'Azur

    1) Le Mont-Agel - Télé Monte-Carlo (fin)


    Pendant quelque temps, en attendant que des fréquences soient disponibles et que son réseau soit construit par T.D.F. (Télé Diffusion de France), M6 sera relayée en journée par TMC. La chaîne en fera de même quelque temps plus tard avec la musicale MCM (Monte-Carlo Musique, qui deviendra Ma Chaîne Musicale). Ces divers accords permettent à la fois à la chaine monégasque d'être présente en journée à l'antenne, tout en percevant quelques deniers en rémunération de ces relais, mais cela ne durera pas.

    Pourtant, TMC bénéficie de la diffusion depuis le début des années 80 sur les divers réseaux câblés en développement, mais leurs audiences sont encore trop confidentielles. Elle passe sur le satellite, d'abord en clair, puis en crypté dans le bouquet payant CanalSatellite à partir de 1996 :


    Annonce de l'arrêt de la diffusion en clair sur Télécom 2B
    à cause du passage de TMC dans le bouquet CanalSatellite

    (enregistrement original VHS)
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    Toutefois la chaîne a du mal à gagner en audience, face à la concurrence des
    autres chaînes toujours plus nombreuses,du bouquet satellitaire. Sa programmation mêle quelques programmes produits localement à Monaco (jeux talk-shows) avec des films, téléfilms et séries principalement destinés à un public un peu "senior". En 2004, alors qu'elle s'apprête à fêter ses 50 ans, la chaîne est retenue par le C.S.A. français dans le cadre des premiers appels à candidatures de la T.N.T. (Télévision Numérique Terrestre) appelée à remplacer les réseaux analogiques devenus obsolètes et énergivores. Clin d'oeil au numéro du canal de son passé, elle obtient symboliquement la position 10 dans la liste des nouvelles chaînes françaises :



    Bande-annonce de présentation de TMC diffusée sur son émetteur
    de la Tour Eiffel avant le début officiel de la TNT le 31 mars 2005,
    avec évocation des 50 ans d'existence de la chaîne. Durée 8'15.

    Cliquez sur l'image pour voir la vidéo
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    Toutefois son actionnaire majoritaire, le groupe Pathé qui a déposé cette candidature, après avoir tenté de redonner un certain lustre à TMC avec des émissions de plateau réalisées à Paris comme à Monaco, décide de se désengager du capital en vendant ses parts à TF1 associée au Groupe AB, propriétaire de catalogues de films, producteur de séries low-cost (Hélène et les Garçons, Salut les Musclés etc) et propriétaire de RTL9 (ex-Télé Luxembourg) et du bouquet satellitaire Bis-TV.

    Pour ces deux co-actionnaires, le but est de faire de l'argent avec l'ouverture de la publicité à la grande distribution en associant les chaînes TMC et NT1 à la régie publicitaire de la Une. TF1 devra attendre début 2015 pour le faire, après avoir racheté ses parts au Groupe AB dans les deux chaînes TMC et NT1. Le groupe a aussi désormais le droit de faire reprendre par ces chaînes des émissions initialement diffusées sur TF1, ce qui lui était interdit auparavant. Toutefois, depuis longtemps la grille de programmes de TMC avait été totalement reprise en main en vue de l'aligner sur les cibles d'audience et publicitaires de la Une.

    Etant désormais, enfin, diffusée dans toute la France sur le réseau de la T.N.T. dans les années 2010, TMC n'a plus besoin des sites d'émission analogiques du Mont-Agel, de Toulon, Marseille, Avignon et Nîmes. L'émetteur VHF de 50 kW est définitivement éteint dans la foulée de ceux de Canal Plus. Celui sur le canal 30 et les relais UHF locaux suivront en 2011. La convention liant la Principauté de Monaco et le Ministère Français de la Défense pour l'utilisation des terrains militaires du Mont-Agel est dénoncée la même année. La grande antenne panneau n'est plus qu'un symbole du passé, un passé de plus de cinquante ans de télévision en Principauté de Monaco, sur la Côte d'Azur et la côte nord de la Corse.

    Curieuse coïncidence et peut-être un symbole : la petite chaîne analogique du Sud a, si l'on peut dire, disparu avec son passage sur le numérique national le 31 mars 2005.

    Une semaine plus tard, celui qui lui avait donné la vie, le Prince Rainier, s'éteignait à Monaco.
    C'était le 6 avril 2005...





    A suivre : 2) L'émetteur du Pic de l'Ours
    Dernière modification par Colorix ; 25/06/2017 à 23h09.
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    Louis Marie Foratier

  3. #303
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    Message #284 posté initialement par kiki37 le 3 janvier 2016 (cliquer ici) :

    Le Mont Agel

    sa situation:



    L'émetteur de nos jours ► http://tvignaud.pagesperso-orange.fr.../06mt-agel.htm

    retour dans les années 50/60:
    En janvier 1959, interview du général Leschi, directeur des services techniques de la R.T.F.:



    Interview recueillie pour " Le Monde " par Janick Arbois

    J'ai retrouvé un autre article dans la revue "Télévision" n°114 de juin 1961 faisant état de curieux essais:



    à revoir ICI ce qui était prévu pour le sud-est en 1955
    Dernière modification par Colorix ; 02/02/2016 à 21h55.
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  4. #304
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    Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 : la Côte d'Azur

    2) Le Pic de l'Ours

    Nous l'avons vu précédemment, l'émetteur mis en place par la R.T.F. sur le massif de l'Étoile ne permettait de couvrir que la région d'Aix-Marseille-Avignon, avec aussi des réceptions acceptables vers Nîmes et Montpellier et, de façon plus aléatoire, dans l'Est du département de l'Aude et dans les hauteurs des Pyrénées-Orientales. Il fallait pour ce faire, de grandes antennes captant le canal 8H par-dessus le Golfe du Lion.

    Plus d'un habitant de la zone privée de télévision lors de l'effondrement de l'antenne du Pic de Nore à la suite d'une violente tempête en 1976, tenta de se brancher alors sur la Grande-Étoile en achetant antennes longue distance et préamplis, avant d'aller jouer les équilibristes sur son toit...
    Certains obtinrent d'ailleurs des résultats très acceptables, et restèrent orientés sur Marseille même après la reconstruction du Pic de Nore.

    Par contre, vers l'Est, les premiers contreforts de l'Estérel empêchaient les ondes marseillaises d'atteindre la Côte d'Azur, où régnait en maître la télé commerciale du prince Rainier depuis novembre 1954, seule chaîne reçue le long de la
    "Riviera"..

    Pourtant, dès 1953 la R.T.F. avait lancé des études en vue d'installer un émetteur relais d'assez forte puissance pour couvrir la majeure partie de la Côte d'Azur.

    Le choix se porta sur le Pic de l'Ours, dominant Saint-Raphaël, mais les conditions d'accès étaient acrobatiques, il n'y avait aucune route menant à son sommet.

    A l'occasion de l'ouverture de l'émetteur le 9 décembre 1956, l'hebdomadaire de programmes
    "Radio Télévision 57" du 24 février 1957 revient sur l'histoire de sa construction, avec des illustrations montrant comment les ancêtres de nos techniciens actuels vivaient des expériences éprouvantes pour étudier puis mettre en œuvre la construction d'une station de montagne, même d'altitude moyenne :



    Les techniciens de TDF qui montent tranquillement en voiture jusqu'au sommet de nos jours, ignorent certainement le seul moyen de transport utilisable par leurs aînés pour monter le matériel et le "barda" indispensable pour rester sur place :





    Et encore... certains transports se faisaient également à dos d'homme.




    La vie "à la dure" pour les techniciens de la R.T.F.
    Noter le panneau "R.T.F. TV"cloué sur l'arbre, comme
    si l'on risquait de les manquer sur ce sommet désert !

    Alors que sur terrain plat on recourait habituellement à un ballon supportant une antenne, ici la hauteur du Pic permettait d'utiliser au sol un aérien rudimentaire. Comme vous le voyez, les premiers essais furent faits en polarisation horizontale, comme pour Marseille et TMC, mais finalement la polarisation verticale a dû donner des résultats plus probants dans le relief montagneux entourant le Pic de l'Ours :




    La construction du Pic de l'Ours permettait, non seulement aux téléspectateurs de la "Côte" de recevoir enfin les émissions de Paris, mais aussi à Télé-Monte-Carlo, station nationale monégasque de par sa concession, d'accéder au réseau de l'Eurovision dont elle était membre de droit.
    Dernière modification par Colorix ; 02/02/2016 à 20h42.
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  5. #305
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    Fin 1956, après plusieurs mois de travail et la construction d'une route, une mince tour de béton supportant l'antenne du canal F6-V permettait à l'émetteur de 3 kW de couvrir la majeure partie de la Côte d'Azur :





    A l'automne 1964, le Pic de l'Ours était l'un des premiers émetteurs de province à accueillir la Deuxième Chaîne du tout nouvel ORTF, avec un émetteur UHF de 20 kW crête-image (soit 500 kW de PAR) sur le canal 28 grâce à une deuxième antenne installée au-dessus de la première :



    Néanmoins, le Pic de l'Ours ne suffisait pas à lui seul pour couvrir la totalité des grandes agglomérations côtières : certains quartiers encaissés de Nice, Menton, Toulon et Hyères étaient incapables de capter ses émissions.


    Dès les premiers mois de son existence, des commerçants de Nice et Menton, s'agaçaient de ne pouvoir vendre des téléviseurs à des clients qui souhaitaient en acheter, mais se trouvaient dans des zones d'ombre.


    Ils décidèrent de construire eux-mêmes deux "relais pirates" (évoqués dans l'article de "Radio Télévision 57" ci-dessus) mais la R.T.F. demandait leur destruction, le matériel n'étant pas agréé et les installations risquant, selon ses services, de créer des interférences, notamment avec l'Italie toute proche.


    Devant le tollé général provoqué par cette décision, l'administration faisait machine arrière et décidait d'incorporer le "relais-pirate" du Mont-Alban, à Nice, dans son réseau. Par contre, celui de Menton, sur le Cap Martin, posait problème. Il dut cesser d'émettre et fut remplacé quelques semaines plus tard par du matériel conforme aux normes de la R.T.F., qui retint d'ailleurs également ce site pour son propre réémetteur.

    Quant à Toulon et Hyères, ce furent également sur des caps que la R.T.F. installa ses émetteurs locaux : le premier sur le cap Sicié sur le canal F11-H et le second sur le cap Bénat, en bande I sur le canal F4-V. Ces emplacements permettaient ainsi de rayonner plus facilement vers les parties encaissées de cette côte au relief très marqué.
    Dernière modification par Colorix ; 02/02/2016 à 20h40.
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  6. #306
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    Les
    "relais-pirates" étaient, dès les débuts du réseau, déjà fréquents en province, notamment dans les régions montagneuses ou encaissées comme dans les Alpes, en Auvergne ou... sur la Côte d'Azur.

    Témoin ce reportage de l'ancêtre de
    Télérama, "Radio-Cinéma-Télévision" en février 1958, qui évoque notamment ceux de Nice et Menton :







    Dernière modification par Colorix ; 02/02/2016 à 20h31.
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  7. #307
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    En mai-juin 1961, la revue "ANTENNE INFORMATIONS" n°16, revue professionnelle de la société PORTENSEIGNE, présentait un reportage consacré à la réception à longue distance de la télévision en milieu montagneux dans les Alpes-Maritimes.

    Grâce à la gentillesse de kiki37 qui l'a retrouvé dans sa précieuse collection personnelle et me l'a communiqué, voici ce reportage particulièrement intéressant, qui nous montre que la zone de réception du Pic de l'Ours pouvait être plus importante que prévue par les techniciens de la R.T.F. :






    La carte montrant les divers essais de réception effectués au Mont Fao


    On peut saluer le courage et la ténacité de M. Botton et de ses coéquipiers qui, non contents
    de grimper durant 3 heures vers le haut du Mont-Fao, ont tiré un câble d'alimentation
    électrique sur tout le trajet, tout en hissant un pesant téléviseur et d'encombrantes antennes.

    Source : revue ANTENNES-INFORMATIONS n°16 (mai-juin 1961) de la société PORTENSEIGNE.
    Collection privée de kiki37, un grand merci à lui !
    Dernière modification par Colorix ; 02/02/2016 à 20h29.
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  8. #308
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    Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 : la Corse

    Peu de temps après son démarrage officiel le 3 janvier 1954 à Rome, Milan et Turin, la RAI italienne a commencé à développer, bien plus rapidement que la RTF, son réseau d'émetteurs TV dans sa péninsule mais aussi dans ses îles : dès 1957-1958, la Sardaigne est reçue à Ajaccio depuis l'émetteur du Monte Oro, au nord-ouest près de Sassari :



    Ajaccio : réception TV et FM de l'émetteur RAI de Sassari (Sardaigne)
    En haut, l'antenne bande III capte le canal italien E-h (183,75-189.25 MHz)
    Dessous, l'antenne FM 4 éléments reçoit les trois radios nationales de la RAI
    (en bas, l'extrémité d'un brin de l'antenne bande I captant la RTF d'Ajaccio)
    Document © INA


    Dans l'est de l'île, Bastia et la plaine orientale reçoivent, selon le cas, les émetteurs de Rome (Monte Mario), de Pise (Monte Serra) et de Grosseto (Monte Argentario).

    Malgré des déclarations plus ou moins bravaches du Général Leschi, ce vieux Corse chargé du déploiement du réseau national (voir ici la fin de ce document posté par kiki37), la R.T.F. éprouve les mêmes inquiétudes à l'égard de la réception du 625 lignes italien dans l'Ile de Beauté, que pour les émissions allemandes en Alsace quelques années plus tôt : de même que la langue alsacienne est très proche de l'allemand, de même la langue corse est-elle très voisine de l'italien. Les îliens risquent d'acheter des postes qui ne pourront pas capter les émissions en 819 lignes...

    Le 20 décembre 1958 est donc mis en service un petit émetteur provisoire de 50 Watts non loin du château de La Punta, sur les hauteurs du Pozzo di Borgo qui s'élève à 770 mètres au-dessus de la baie d'Ajaccio :




    Mise en service de l'émetteur provisoire d'Ajaccio par la RTF :
    les techniciens mettent au point les réglages des antennes.

    Si votre navigateur n'affiche pas la vidéo, faire un clic droit ici (choix
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    Document © INA


    Un petit pylône d'une vingtaine de mètres reçoit, sur sa face sud, deux panneaux bande I en polarisation horizontale :




    Les deux panneaux rayonnants en bande I surmontent deux
    antennes
    Yagi dont le rôle exact n'est pas défini : remplacement
    des panneaux en maintenance, ou contrôle de leur "retour" sur
    un oscilloscope ou un téléviseur ? Le mystère reste entier...

    Document © INA



    Cet emplacement permet de recevoir, en un seul bond de 224 km, le signal du Pic de l'Ours et de le diffuser sur le canal F4-H, dans un rayon de quelques kilomètres autour d'Ajaccio :




    Source : capture d'écran ©Google Maps

    Ce petit émetteur n'est qu'un pis-aller. Bastia et ses proches environs ne seront desservis avec la même puissance provisoire de 50 Watts qu'en 1960, sur le canal F2-V depuis le site de Serra di Pigno dominant la ville de ses 960 mètres.

    Il faudra attendre 1965, en prévision de l'arrivée imminente de la Deuxième Chaîne, pour que les stations corses subissent enfin de profondes mutations :

    - le petit relais de La Punta est remplacé par un émetteur
    dix fois plus puissant (500 Watts) à Coti-Chiavari, au sud de la baie d'Ajaccio, obligeant les téléspectateurs à réorienter leurs grandes antennes bande I dans sa direction.

    - à Bastia, l'équipement provisoire de 50 Watts laisse la place à un émetteur de 3 kW désormais reçu jusqu'en Italie, toujours sur le canal F2-V.

    L'année 1966 voit donc arriver les émissions de la Deuxième Chaîne en 625 lignes UHF dans l'île, sur le canal 21-H à Ajaccio (10 kW) et sur le canal 47-H à Bastia (20 kW), également reçu en Italie.

    Parallèlement, la diffusion de la Première Chaîne est étendue au centre de la Corse avec la mise en service de l'émetteur de Antisanti, près de Corte, sur le canal F6-H avec une puissance crête-image de 500 Watts. Il accueillera l'année suivante un émetteur UHF de 2 kW diffusant les émissions en couleurs de la Deux sur le canal 61-H.

    Le relief très montagneux de l'Ile de Beauté oblige l'ORTF à installer de nombreux réémetteurs de faible puissance, mais la proximité de l'Italie, et à un deuxième degré, d'autres pays méditerranéens en vue directe de la Corse (Espagne, Algérie notamment) restreint les possibilités en fréquences. Les techniciens de l'Office sont parfois obligés d'orienter leur diagramme d'émission en direction d'un village précis, laissant un ou plusieurs autres dans un "noir télévisuel" complet... A en croire la presse de l'époque, il arrive fréquemment que des expéditions nocturnes soient organisées pour aller discrètement tourner les panneaux d'émission dans une autre direction, provoquant ainsi des querelles de clocher d'un nouveau genre...

    Dernière modification par Colorix ; 25/06/2017 à 23h52.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

  9. #309
    Super Moderator Avatar de kiki37
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    Effectivement, La Corse était insuffisamment couverte en émetteurs et en 1977 TdF prévoyait un plan d’équipement :
    (revue Antennes n°5 mars 1976)








    Mais entre-temps, les autonomistes corses du FNLC mécontents des programmes ont perpétrés un attentat en faisant sauter les installations neuves de Bastia-Serra di Pigno le 13 aöut1977: Les émetteurs de télévision des 3 chaînes, les 3 émetteurs radio en F.M. et les liaisons hertziennes entre la Corse et le continent ont été mises hors d'usage. Coût prévu de la reconstruction: 30 millions de francs.
    Des mesures ont été immédiatement prises par les techniciens de TDF afin de rétablir dans les meilleurs délais, mais de manière très précaire, une partie des services que TéléDiffusion de France assurait dans l'île en attendant la remise en état de la station et des matériels qui exigera de longs mois.
    (revue "antennes n°19 août/septembre 1977)

    document de Colorix , (source Télé 7 jours du 27 août 1977 ):




    L'émetteur après réparations:







    et de nos jours ► http://tvignaud.pagesperso-orange.fr...m/20bastia.htm
    Dernière modification par kiki37 ; 05/02/2018 à 19h39.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

  10. #310
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    retournons sur la côte d'azur :
    Le Sud-Est n'était pas sans poser de nombreux problèmes aux techniciens de TDF, voir ce reportage (revue "Antennes" n°5 mars1976)



    Dernière modification par kiki37 ; 05/02/2018 à 19h42.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

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