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  1. #311
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    Quand les émetteurs de TV transmettaient autre chose que des programmes ...

    Précision : « Télédiffusion de France » cité dans ces articles (et éditeur de la revue « Antennes ») fait référence à l’Établissement Public issu de l’éclatement de l’ORTF en 1975, et non à la société privée TDF existant de nos jours.

    revue « Antennes n°17 de mai 1977
    Journaux hertziens via TdF en fac-similés
    A Toulon,« L’Équipe »est du jour et sens un peu la violette

    « Le XV de France s'envole sans Astre ». A six heures du matin, le 17 février dernier, l'avant-veille de France-Angleterre, ce titre du numéro 9568 de " L'Equipe " est lu en même temps par un boulanger de Montrouge et un ouvrier de l'arsenal de Toulon. Comme si 850 Km ne séparaient pas la composition du Faubourg Montmartre et le vendeur de la Place Puget..
    Même texte. Papier identique. Mais l'exemplaire toulonnais a des caractères plus nets et une odeur différente : il a été imprimé sur rotative offset à Toulon - la Farlède. L'exemplaire de Montrouge, lui, sort d'une rotative typographique classique et parisienne de la rue Réaumur. Le premier est un fac-similé du second.
    A la base de ce dédoublement miracle : la transmission par voie hertzienne TDF d'une épreuve spéciale de « L'Equipe » originelle.
    De nombreux journaux emploient depuis peu ce procédé (le procédé du fac-similé), cousin évolué du vieux bélinographe, pour offrir à leurs lecteurs de province des numéros «frais» du jour. Les PTT ont le monopole de ce mode de transmission. C'est par eux et les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP) que «l'lnternational Herald Tribune », «L'humanité », «Rouge », «Libération », «Le Figaro », ou «L'aurore » atteignent les régions le jour de leur parution après impression offset dans des entreprises diverses. TéIéDiffusion de France, en tant que sous-traitant des PTT, a été chargé de convoyer pour sa part sur son réseau hertzien le quotidien sportif «L'Equipe » et l’hebdomadaire «France-Football » .
    L'ingénieur en chef Michel Paravert, chef du département «Exploitation des réseaux », supervise cette activité ponctuelle de TDF en liaison avec le général René Laure, Président-directeur général de « L'Equipe.», le directeur de la région Sud-Est TDF Roger Morenne et les directeurs de l'imprimerie de la Farlède, MM. Lecomte et Mouysset.
    « Antennes » a suivi le parcours d'un numéro de « L'Equipe », de l'instant où ses pages sont serrées sur le marbre à celui où l’achète le premier Toulonnais.

    22 heures : on serre la 5, Faubourg Montmartre
    L'atelier fleure bon le plomb chaud comme depuis toujours. Une bouteille de lait dans un angle de fenêtre. Personne n'y boit, mais elle suffit à rappeler le temps du saturnisme (1).
    Non loin des casses (2) anciennes de moins en moins utilisées, se tient André Poiriault, directeur technique de « L'Equipe », l'œil sur deux machines Diapress venues de Trento (Italie). Ce sont elles qui vont tirer, à partir des pages prêtes, des épreuves capables de franchir les ondes.
    La première page serrée, la cinq, arrive sur un chariot, nettoyée à l'alcool de l'encre des morasses (3). Glissée sur le haut d'une des Diapress, entre les valves d'un tympan de matière plastique, elle est calée, égalisée au marteau de bois, resserrée encore après avoir été augmentée, en haut et en bas, de repères
    très légèrement en relief qui faciliteront le travail des imprimeurs toulonnais.
    Le clicheur de service, Patrick Allaire, extrait d'un tiroir et du bout des ongles une feuille d'un carbone spécial qu'il pose sur le plomb et recouvre d'un rectangle de plastique. Mince et souple, mais d'une solidité étonnante ce plastique s'apparente au flan (4) traditionnel. Ses bords doivent rester impeccablement lisses car la plus imperceptible fente suffirait tout à l'heure à le réduire en loque. Il déborde un peu sur le châssis et excède d'un bon centimètre de tous côtés les dimensions actuelles de « L'Equipe » (547 cm sur 398 cm).
    A la droite de la Diapress un appareil de commandes permet de faire le vide dans le tympan refermé, de fixer le temps d'action à 1'130” et de mettre en mouvement quelques milliers de billes d'acier qui vont heurter et reheurter chaque pouce du carbone.
    Le décalque obtenu est vérifié: les noirs sont-ils bien venus ? N'v a-t-il pas de trous dans les textes ? Pas de taches, ni de bavures ?
    Puisque tout est parfait il ne reste qu'à rouler l'épreuve que l'électricité statique rend indocile en la séparant des suivantes par du papier à morasses.
    Car les autres pages arrivent et la seconde Diapress fonctionne à son tour. Pour ce numéro de semaine à 10 pages, Allaire suffit à la tâche, mais pour les « Equipe » jaunes et roses du vendredi au lundi il sera rejoint par son collègue Pierre Conrad. En principe, tout doit être terminé avant 23 heures. Or chaque page demande près de cinq minutes de soins pour la préparation et le clichage.
    Afin de gagner du temps, le motard Jacques Garcia fait la navette entre le Faubourg Montmartre et l'imprimerie de Saint-Ouen où commence sans délai le travail « hertzien ».


    23 heures : le « labo » électronique de Saint-Ouen
    Avenue 'Michelet à Saint-Ouen. André Poiriault, un soir sur deux, y vient suivre l'envoi de « l'Equipe » vers Toulon-la Farlède à partir d'une grande salle garnie de tréteaux et de machines Siemens sur laquelle règnent deux jeunes électroniciens,Jean-Louis Guillot et .Jean-Pierre Brosse. Le responsable des matériels et de la sécurité, Emmanuel Loizon, assiste souvent lui aussi à ces travaux d’impression à distance qui sont loin encore d'avoir perdu tout leur mystère.
    Le premier soin de Brosse et Guillot a été de s'entendre par téléphone avec le Centre de Relais hertziens des Buttes Chaumont sur l'heure précise à partir de laquelle sera libre une voie vers Toulon après la fin des émissions d'une des trois chaînes. Ce soir, tout a pu commencer un peu avant 23 heures et déjà la cinq et la sept ont franchi 850 km. Par la ligne directe toujours libre entre Saint-Ouen et La Farlède les imprimeurs toulonnais ont été prévenus qu'ils pouvaient se tenir prêts.
    Chacune des machines. Siemens, en parfait synchronisme de fréquence avec son correspondant, peut fonctionner dans les deux sens, envoyer ou recevoir des documents transmis par voie hertzienne.
    Le «flan››, calibré au massicot (5) pour rejoindre les dimensions réelles de la page, est fixé sur un cylindre à l'aide d'une plate-forme de chargement et d'une bande de papier collant. Ces précautions évitent tout contact manuel avec le texte, toute altération de la matière plastique. Quant au papier collant bien fixé sur de petites excroissances d'acier de chaque côté du cylindre, il évite le moindre déplacement du « flan » pendant l'envoi.
    Bouton «émission» poussé, la définition I choisie et le temps de transmission prévu pour 2'30", il ne reste qu'à surveiller l’oscilloscope pour vérifier que les signaux sont de bonne qualité. Ils le sont. Sur la voie hertzienne large de plusieurs mégahertz prévue pour transporter les images mobiles, la très simple image fixe qu'est celle d'une page de journal voyage au large et sans problème. Chaque point noir se retrouvera fidèlement traduit en signal électronique sur les machines enregistreuses de La Farlède sans qu'un seul manque ou soit affaibli.
    Non seulement il est possible comme cela se fait ici d'envoyer deux pages en même temps, mais quatre passeraient sans difficulté.
    Quant à la définition, elle varie évidemment avec le nombre de points de limage à transmettre. La définition rapide I convient pour une page de texte, mais il faudra employer la définition IV la plus lente lorsque la page comportera des photographies riches en noirs. Dans ce dernier cas, le temps de transmission atteindra 2'45".
    Dernière modification par kiki37 ; 09/02/2018 à 19h05.

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      Réclame

       
       

  2. #312
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    23 heures 15 : La Farlède en plein travail
    Où passe l'image entre Saint-Ouen et l’imprimerie toulonnaise?
    Son itinéraire se résume ainsi:Saint-Ouen - Buttes Chaumont - Marseille Grande Etoile - La Loube -
    Cap Benat - Relais de Solliès – La Farlède.
    Il a suffit d'installer des paraboles à Sicié et Solliés et naturellement sur le toit des imprimeries reliées pour que les chemins soient tracés.
    Pierre Gomez, chef de l'antenne TDF de Toulon, a mis au point la partie départementale de cette transmission de fac-similés et en surveille le bon fonctionnement avec une extrême attention. Il est responsable dans le Var du District Réception, du Groupe d'assistance technique et des émetteurs du Cap Sicié, du Cap Bénat, de Pignans, de Notre-Dame-des-Anges. Cette expérience nouvelle l'a passionné.
    « Nous avons le souci que ça marche bien, dit-il. Il a fallu un assez long travail de préparation avant le premier numéro présentable, mais maintenant il ne reste guère qu'à garder l'œil dessus et à fixer plus solidement les paraboles. Dès qu'il fait trop de vent je vais de l'une à l'autre avec une certaine inquiétude. Jusqu'à ce jour pas d'ennui. Le taux de panne est nul et je crois qu'i| n'a été nécessaire qu'une ou deux fois par temps de grand orage de doubler une page en transmission. »
    La Nouvelle Impression Toulonnaise, dans la banlieue industrielle de Toulon, au bout d'un chemin de terre terriblement cahoteux. Une formidable rotative offset et 150 tonnes de papier occupent les trois-quarts du grand hangar central. Salles de développement photographique, bureaux et, au fond, baignée de lumière rouge, une machine Siemens semblable à celles de Saint-Ouen, bouton « réception » poussé.
    Cela sent bon ici le papier journal. Pourtant d'autres senteurs plus chimiques s'imposent dont la somme ressemble assez au parfum de la violette. Un peu déroutante, une imprimerie sans plomb. La jeune équipe s'en passe très bien, crée des traditions nouvelles et va de l’avant entre ses plaques sensibles et sa «roto» géante. Deux jeunes directeurs. Quand l'un voyage vers la clientèle, l'autre ne quitte pas l'atelier.

    Ce soir, René Nlouysset demeure, tandis que Serge Lecomte chemine. Frère de l’international de rugby, Mouysset porte un nom à ne pas trouver oiseuse la composition du pack français pour France-Angleterre, mais il se soucie surtout pour I'instant de l’imprimer. Les deux premières pages envoyées par Saint-Ouen étaient à peine sorties sur films de la Siemens que Pierre Gomez se trouvait déjà là. Serein comme la météo du jour. Ce n'est pas ce soir que le taux de panne s'éloignera vraiment de zéro. A son aisance dans le dédale des bobines, des couloirs et des laboratoires divers. on devine que Gomez a passé là plus d'un moment à attendre la preuve papier que tout avait bien marché.

    Minuit 20 : la « roto » démarre
    Les films impressionnés portant chacun deux pages sont conduits vers un « révélateur » dans lequel ils resteront 2'30" suivant qu'ils recèlent ou non des photographies aux noirs nombreux.
    Nous avons vu s'enrouler les films vierges sur le cylindre de la Siemens, entendu Saint-Ouen annoncer les envois, attendu que la magie hertzienne opère et regardé l'équipe préparer les plaques « révélées » pour le double décalque de la presse offset.
    Minuit 20: toutes les plaques assujetties sur les cylindres idoines, les bobines commencent à se dévider dans le vacarme et le premier de ces mille numéros perdus, pour l'essai, qu'un imprimeur ne regarde jamais sans regret, sort tout plié, tout neuf, pour annoncer aux Toulonnais que le XV de France ira sans Astre essayer de battre les Anglais.
    Les servants de la rotative, dans l'habituel ballet du réglage, volent de leurs cylindres aux numéros frais jusqu'à ce que l'encrage soit parfait. Le premier « bon ›› numéro, avec ses caractères superbes de précision, fait honneur à l'imprimerie moderne.
    Dans la cour, des camionnettes des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne attendent leurs ballots ficelés automatiquement pour les distribuer dans le Var et les départements circum-voisins au cours de la nuit.
    Et c'est ainsi que le boulanger de Montrouge et l'ouvrier de l'Arsenal amateurs de rugby ont pu lire ensemble un 17 février avec soulagement: « La grippe d'Harize n'est plus qu'un mauvais souvenir et les coquards de Cholley sont en bonne voie de résorption »›.

    Le « flan » peau de chagrin
    L' " Equipe " vend maintenant en moyenne 20 % de plus dans la région provençale et les transmissions restent quasiment idéales. Mais la préparation fut rude et les numéros « zéro » surabondants. André Poiriault, Pierre Gomez et René Mouysset ont connu avant l'exemplaire réussi du 1er ' octobre 1976 une période éprouvante.
    Le carbone, d'abord. Il ne «prenait» pas bien. L'ingénieur italien, auteur des machines Diapress, se mit à l'œuvre et trouva rapidement la bonne formule.
    Le format ensuite. Celui de l' « Equipe » parisienne débordait, une fois déroulé de tous les cylindres intermédiaires entre Paris et rotative puis projeté sur papier. La légère distorsion de la photographie
    sur courbes remplissait les marges de façon fort disgracieuse. On rogna un peu sur le format parisien.
    Enfin, avant le système de repères adopté, il était épineux de centrer la page avec rigueur sans qu'el|e aille buter tout en bas ou s'échapper par le haut.
    Après quelques semaines d'ajustage patient et pas mal de numéros. « pour du beurre », il fut
    décidé d'affronter le jugement du public.
    Paraboles, oscilloscopes, plastiques, billes d'acier et vague parfum de violette... les anciens typographes ont de quoi nourrir des mélancolies. Les moines copistes allemands ont dû pousser aussi quelques soupirs vers 1450 devant la Bible « à quarante-deux lignes » d'un certain Gütenberg.

    Fernand Redon

    (1) Intoxication par le plomb ou les sels de plomb.
    (2) Boites divisées en casiers et contenant les caractères d'imprimerie. Le haut de casse contient les caractères moins fréquemment employés (capitales, lettres accentuées); le bas de casse renferme les caractères courants. « Composer en cap » = composer en majuscules ; « composer en bas de casse » (ou b.d.c.) = composer en minuscules.
    (3) Dernière épreuve, faite à la brosse, lorsque la mise en page du journal est terminée.
    (4) Carton recouvert d'un enduit épais que I 'on applique humide sur des caractères mobiles afin d'en prendre l’empreinte pour le clichage.
    Le moule ainsi obtenu après séchage s"appelle également « flan ».

    (5) Machine à rogner le papier





    Les avatars du Var !







    Le Cap Sicié de nos jours :


    http://forum.telesatellite.com/showt...ll=1#post33758
    Dernière modification par kiki37 ; 09/02/2018 à 19h11.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

  3. #313
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    Grande modernisation dans le sud-est en 1978
    Le premier réémetteur français alimenté par l’énergie solaire

    Le 16 juin 1978, Bernard Gensous, directeur de l'Exploitation à TDF et Roger Morenne, directeur
    régional pour le Sud-Est, ont mis en service le premier générateur solaire alimentant en énergie un réémetteur de télévision du réseau français.
    Cette station est située à Peypin (Bouches-du-Rhône) et renferme trois réémetteurs assurant la diffusion des trois chaînes.


    Le générateur solaire alimente le réémetteur diffusant le programme FR 3. Ses caractéristiques sont les suivantes:
    - puissance d'émission : 150 mW
    - puissance consommée : 30 W
    - marque : Velec-Sefat
    - type : télévillage
    - pilote: réémetteur de Roquevaire
    - population desservie : 200 habitants.
    La mise en service du réémetteur est assurée par un récepteur de veille, réalisé dans les laboratoires de maintenance générale TDF (direction de |'Exploitation) à Meudon, Ce récepteur place l’équipement
    sous tension dès l'apparition de signal émis par le pilote. Le procédé permet d'économiser l'énergie qui serait inutilement dépensée pour l’alimentation du réémetteur après la fin des émissions. (Le récepteur de veille lui-
    même consomme 30 mA sous 24V soit O,8 W à comparer aux 30W d'énergie consommée par le réémetteur).



    Janvier : panneaux à 65°
    Le calcul d'un générateur solaire suppose la connaissance de différents paramètres:
    - la consommation du réémetteur
    - les conditions climatiques sur le site
    - le rendement de conversion des photopiles

    1. Consommation du réémetteur
    La consommation du réémetteur est de 50 watts.
    La durée de fonctionnement journalier est en moyenne de 10 heures, soit une consommation journalière de 300 Wh/jour.
    C’est cette énergie que le générateur solaire doit être capable de fournir.

    2. Conditions climatiques
    La météorologie nationale fournit des données statistiques sur les durées d'insolation moyennes (calculées sur 15 ans) ainsi que les valeurs de l’irradiation solaire pour un lieu particulier.
    La station la plus proche du lieu de l’expérience sur laquelle on possède les données météorologiques est celle de Carpentras (Vaucluse) située à vol d'oiseau à 60km au nord de Peypin.
    Le maximum de l'irradiation solaire pour le mois de janvier (le plus défavorable de l'année) est obtenu dans les conditions suivantes:
    - orientation : sud
    - inclinaison des panneaux: 65° par rapport à l’horizontale.
    Cette inclinaison est telle que les rayons du soleil se trouvent perpendiculaires aux panneaux solaires lorsque le soleil est au plus haut de sa course lors du mois le plus défavorable de l’année (irradiation minimale).
    il est évident que le générateur solaire étant dimensionné dans ces conditions, le sera à fortiori lors des mois les plus ensoleillés.
    L’ensoleillement moyen journalier est le suivant :
    G = 2 760 Wh/m2 au mois de janvier
    G = 5 500 Wh/m2 au mois de juillet

    3. Rendement des photopíles :
    Les modules utilisés sont des modules BPX47 A fabriqués par la Radiotechnique Compelec.
    Chaque module est constitué de 34 photopiles en série d'un diamètre de 55 mm, interconnectées entre
    elles par l’intermédiaire d'un câblage imprimé sur stratifié en fibre de verre époxy.
    Le rendement de conversion des photopiles utilisées est de 10,3 %.

    4. Calcul du générateur
    L'énergie journalière que doit fournir le générateur solaire au mois de janvier est calculée en fonction de l’énergie à fournir par jour (300 Wh/jour), des performances des modules choisis (BPX 47A) et de l’irradiation moyenne journalière en janvier (2700 Wh/m2 )
    On choisira donc un générateur solaire à 16 modules qui fournira 302 Wh/jour au mois de janvier et 540Wh/jour au mois de juillet (en tenant compte de la valeur de l'irradiation journalière et du fait que l'angle d'incidence des rayons solaires sur les modules est différent de 23° de celui du mois de janvier). On voit donc que durant la période d'été, le générateur produit plus d'énergie qu'il n'en faut pour l'alimentation du réémetteur.
    Le réémetteur devant fonctionner la nuit ainsi que lors des périodes non ensoleillées, il est nécessaire de stocker de l'énergie dans la journée afin de pouvoir en disposer dans les cas ci-dessus cités. '
    Cette réserve d'énergie est faite dans une batterie d'accumulateurs constituée de 12 éléments CIPEL VP220 ; sa capacité est d'environ 300 Ah. Elle assure au réémetteur une autonomie de 230 heures soit environ trois semaines de fonctionnement.



    Au rythme des saisons
    Afin de vérifier les calculs théoriques un ampèreheuremètre et des compteurs horaires ont été disposés en différents points de l'équipement.
    Après deux mois de fonctionnement (19 juin - 19 août 1978), le générateur a fourni 1 415 Ah pour une durée de fonctionnement du réémetteur de 714 heures et une durée de fonctionnement complémentaire du récepteur de veille de 994 heures.
    L’équipement a absorbé pendant cette période 956 Ah et le récepteur de veille 33 Ah soit un total de 989 Ah. On voit que globalement toute l'énergie nécessaire a été fournie par les panneaux solaires et, en effet, la batterie d'accumulateurs chargée au départ de l'expérience se trouve dans le même état de charge (densité de l’électrolyte
    identique)
    Remarquons également que l'énergie moyenne journalière fournie par le générateur est de
    1 415 Ah x 24 V
    ——————— = 566 Wh/j
    60 J
    chiffre qui n'est pas très éloigné des 540 Wh/jour calculés théoriquement pour la période d'été.

    Jean-Louis Guerre
    Ingénieur à la direction de l'Exploitation TDF.

    journal « antennes » n°31 novembre 1978
    Dernière modification par kiki37 ; 29/04/2019 à 19h34.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

  4. #314
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    Et la radio ?

    La réception de Radio-France dans le Sud-Est et en Corse


    Dernière modification par kiki37 ; 09/02/2018 à 19h16.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

  5. #315
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    Le monopole d'état sur les stations de radio (établi par ordonnance du 23 mars 1945) prend fin le 9 novembre 1981. Les "radios-pirates" qui s'étaient développées à partir de la fin des années 1970 deviennent des "radios libres", mais beaucoup émettent sur des fréquences "non autorisées" et avec une trop grande puissance...

    Dernière modification par kiki37 ; 09/02/2018 à 19h17.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

  6. #316
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    les émetteurs de la région sud-est en 2010
    (source ANFR et CSA)




    Et ne quittons pas le sud-est sans ce petit clin d'œil de modernité, car les émetteurs, il faut bien les alimenter en reportages !

    Dernière modification par kiki37 ; 09/02/2018 à 19h19.
    "Qui dira toute la malice dont les choses sont capables lorsqu'elles cherchent à vous embêter ?"...E.Aisberg (son C.V.)

  7. #317
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    Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 : Télé-Luxembourg

    Depuis décembre 1953, nous l'avons vu, seuls Strasbourg et ses environs reçoivent les émissions TV de la R.T.F. Dans presque tout le Bas-Rhin, on peut aussi capter sur le canal E9-H l'émetteur allemand du Hornisgrinde de 80 KW PAR en 625 lignes norme B installé sur les hauteurs de la Forêt Noire, près de Baden-Baden depuis mai de cette même année,

    En-dehors de cette zone, c'est le désert télévisuel entre l'est de l'Ile-de-France et la plaine d'Alsace. Le "câble hetzien" passe bien par Reims et Nancy, mais il ne s'y arrête pas, il n'y a aucun émetteur-relais, même de faible puissance.

    Les choses devraient changer, on le pressent dans les milieux bien informés : la Sarre toute proche possède pour l'instant un petit émetteur 819 lignes de 100 watts, mais elle a déjà prévu d'en utiliser un plus puissant en bande I qui devrait largement déborder au-delà de ses frontières.

    Mais c'est surtout du côté du petit Grand-Duché du Luxembourg voisin que ça bouge : la CLR (Compagnie Luxembourgeoise de Radiodiffusion) concessionnaire ne vient-elle pas de changer son nom en CLT (Compagnie Luxembourgeoise de Télédiffusion) le 1er juillet 1954 ? C'est évident, la télévision est à son programme de développement.

    Et effectivement, deux mois après Télé Monte-Carlo inaugurée par le Prince Rainier, c'est au tour de la Grande-Duchesse Charlotte d'en faire de même le
    jour de son anniversaire, le 23 janvier 1955 dans les locaux de la toute nouvelle Télé-Luxembourg installée à 200 mètres seulement de la frontière française, sur les hauteurs du bourg de Dudelange :


    Dudelange (Luxembourg)
    Dans le lointain, le pylône de
    Télé-Luxembourg
    Document © Delcampe.net



    La Grande-Duchesse Charlotte reçoit de Matthias Felten,
    Directeur Technique, un cours sur la télévision...

    Document © RTLGroup



    ... qui comprend aussi la bénédiction des installations
    par l'évêque de Luxembourg.

    Document © RTLGroup



    Courte vidéo sur l'inauguration de Télé-Luxembourg
    Cliquer sur l'image. Si votre navigateur n'affiche pas la vidéo
    ci-dessus, ou si vous souhaitez la visionner en plein écran,
    téléchargez-la
    ici (clic droit, "Enregistrer la cible...")
    Document © RTLGroup
    Dernière modification par Colorix ; 26/06/2017 à 00h19.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

  8. #318
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    Construite en seulement quelques mois, la station est installée sur le plateau du Gintersberg, haut de 430 mètres et situé à seulement 200 mètres de la frontière française.

    Pour gagner du temps, on a démonté un pylône haubané haut ,de 200 mètres inutilisé au centre émetteur ondes longues de Junglinster, pour le réutiliser à titre provisoire (en fait, cela durera jusqu'en 1957) :


    Une route de cinq kilomètres a été construite,
    qui permet aussi d'acheminer l'eau et l'électricité
    ...



    ... mais aussi le feeder reliant l'émetteur aux antennnes,
    elles-mêmes hautes de 16 mètres au sommet du mât.
    © Document RTLGroup


    Au pied du pylône, un bâtiment central et deux maisons d'habitation pour le personnel :


    Le bâtiment abritant l'émetteur, les services techniques
    et administratifs, ainsi qu'un studio de direct de 150 m²

    © Document RTLGroup
    Source : © memoireradiotv.free.fr

    L'émetteur d'une puissance crête-image de 3 kW est initialement prévu pour être reçu dans un rayon de 100 km environ, en France comme en Belgique.

    C'est pourquoi la norme retenue est le 819 lignes, mais dans sa version belge, c'est à dire utilisant un canal "E" de 7 MHz de largeur de bande (prévu pour 625 lignes norme B) au lieu des canaux "F" français deux fois plus gourmands en fréquences (14 MHz en norme E). La "finesse" de l'image s'en ressent, mais avoir "l'image la plus belle du monde" est le cadet des soucis des techniciens de Télé-Luxembourg.

    Ce qu'ils veulent, c'est être vus par le plus grand nombre de Français et de Belges, et en cela ils ne sont pas déçus : la portée réelle de l'émetteur sur le canal E7-H, même pour l'instant limitée à 3 kW (soit environ 30 kW de PAR), dépasse largement leurs prévisions grâce à l'absence d'obstacles naturels importants dans la zone de réception :



    La zone de réception du canal E7-H
    de Télé-Luxembourg vers 1955.

    © Document RTLGroup et Le Pèlerin Magazine 1955
    Source : © memoireradiotv.free.fr

    A partir de 1957, le remplacement du pylône par un autre, haut de 280 mètres, et l'augmentation de puissance à 10 kW crête-image (soit 100 kW de PAR) n'augmenteront pas sensiblement le rayon d'action de la station, qui bénéficiera essentiellement d'un amélioration, surtout à grande distance (Epinal, Reims, Namur) de ses conditions de réception.

    Pendant plusieurs mois, comme Télé-Monte Carlo plus tôt dans le Sud, Télé-Luxembourg sera la seule chaîne de télévision disponible entre Reims et les Vosges. Ses programmes attractifs (un film de long métrage après un journal chaque soir) y sont évidemment pour beaucoup.

    La RTF, prise de court, mettra quand même en service, le jour même de l'inauguration de Télé-Luxembourg, le samedi 14 mai 1955, deux petits émetteurs de 100 Watts, l'un à Vandoeuvre-les-Nancy et l'autre au Mont Saint-Quentin dominant Metz !
    Dernière modification par Colorix ; 20/02/2016 à 23h51.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

  9. #319
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    La soirée inaugurale du samedi 14 mai 1955 marque la fin de la période expérimentale pour Télé-Luxembourg, dont les rapports de réception en France et en Belgique ont très largement dépassé les prévisions :



    Réception de Télé-Luxembourg dans les Vosges
    à 150 km de l'émetteur de Dudelange

    © Document RTL Group


    Le petit studio de Dudelange ne se prêtant pas à cette soirée de gala, c'est à la Villa Louvigny, siège historique de la C.L.T. qu'elle est organisée en présence, à nouveau, de S.A.R. la Grande-Duchesse Charlotte ainsi que plusieurs artistes et personnalités :



    Dans le parc municipal de Luxembourg, la Villa Louvigny, siège de la C.L.T. de 1932 à 1991
    A gauche, la tour construite en 1957 héberge les bureaux et studios de Télé-Luxembourg




    Line Renaud, marraine de Télé-Luxembourg, accueille les invités
    à la soirée inaugurale télévisée en direct depuis la Villa Louvigny

    © Document RTL Group



    « Écoute, écoute, écoute… »... la soirée inaugurale se poursuit avec le chansonnier
    d'origine lorraine Roger Nicolas et le Grand Orchestre de Radio-Luxembourg

    © Document RTL Group
    Dernière modification par Colorix ; 20/02/2016 à 23h12.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

  10. #320
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    Télé-Luxembourg, c'est tout d'abord un logo que l'on se réjouit "d'accrocher" à grande distance de l'émetteur grâce à des antennes multi-nappes et à grand gain, comme à Reims, Épinal ou Namur :



    Document © RTL Group


    Car Télé-Luxembourg, ce sont des émissions réalisées en studio à la Villa Louvigny...


    Document © RTL Group


    ... mais aussi tous les soirs un feuilleton et un film de long métrage grâce à sa salle des télécinémas SIEMENS installés à Dudelange :



    Document © RTL Group et Le Pèlerin Magazine 1955
    Source : © memoireradiotv.free.fr



    C'est aussi "Le Journal de Télé-Luxembourg" présenté par Jacques Navadic et Robert Diligent, deux journalistes débauchés de la station de Lille, au grand mécontentement de la RTF :



    Les débuts de Télé-Luxembourg, et plus particulièrement de son Journal,
    à l'occasion des 60 ans de la station fêtés en 2015 sur
    RTL-TVi (Belgique).
    Au début de la vidéo
    : Robert Diligent à gauche, Jacques Navadic à droite.
    Document © RTL-TVi
    Si votre navigateur n'affiche pas la vidéo ci-dessus,
    ou pour la visionner en plein écran, téléchargez-la
    ici
    (clic droit, "Enregistrer la cible..." - Taille 24 Mo)

    Dernière modification par Colorix ; 26/06/2017 à 00h48.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

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