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  1. #321
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    En 1970, trois ans après l'apparition de la couleur - PAL ou SECAM - dans les pays limitrophes du Grand-Duché, les téléviseurs capables de recevoir les émissions en 625 lignes sont de plus en plus nombreux dans la zone de réception de Télé-Luxembourg. notamment dans ses parties captant les émissions allemandes et belges. Les téléviseurs multistandards sont en effet courants en Lorraine et en Alsace "bossue" (le versant ouest des Vosges du nord), et la Deuxième Chaîne ORTF s'est développée dans l'Est depuis cinq ans.

    En 1970 donc, la télévision belge francophone R.T.B. (qui deviendra plus tard la R.T.B.F.) décide d'aligner ses émetteurs sur la norme belge flamande de la B.R.T., en les faisant basculer de 819 lignes (norme F) en 625 lignes (norme C) afin de permettre, à terme, de les équiper pour la couleur au système PAL. Cette introduction sera progressive car certains matériels et studios sont encore en 819 lignes, ce qui vaudra aux speakerines belges d'inviter pendant quelque temps les téléspectateurs à passer de 625 en 819 lignes, et inversement, en fonction du programme. Par la suite, des systèmes automatisés incorporés dans les téléviseurs permettront ce changement automatique de définition à partir du signal reçu de l'émetteur, épargnant au téléspectateur de devoir faire la manœuvre lui-même sur son récepteur... Une spécificité belge de plus !

    En effet, selon alain-radio, un des modérateurs de tnt-62, l'intéressant forum régional du Pas-de-Calais :

    "Même après le passage en 625 lignes certains reportages, notamment venant de France et qui étaient reçus en 819 lignes passaient ainsi sur la télé en Belgique. Pendant des années j'ai entendu la formule " et maintenant nous vous invitons à passer en 819 lignes pour voir le suite de nos programmes" Après quoi, annonce en sens inverse, nous vous invitons à repasser en 625 lignes. Les téléviseurs plus modernes faisaient la conversion automatiquement par un signal envoyé par l'émetteur. Comme il n'y avait aucune télécommande, il ne fallait alors plus se lever de son fauteuil !"

    Cette même année 1970 et dans la même optique, Télé-Luxembourg abandonne le 819 lignes sur son canal E7, permettant aux téléspectateurs belges de la capter dans les mêmes conditions que leurs émissions nationales.

    Parallèlement, pour les téléspectateurs français, un émetteur UHF d'une puissance apparente rayonnée de 1000 kW ést mis en service sur le canal 21 avec les mêmes caractéristiques techniques que celles de la Deuxième Chaîne ORTF : norme L, polarité positive de la vidéo, son AM entre autres. Avec, toutefois, un diagramme directionnel d'antenne principalement orienté vers le Nord-est de la France, et plus particulièrement la Lorraine.

    Cependant, les téléspectateurs français éloignés ne sont pas en mesure de le capter car sa zone de service est bien moins vaste que celle du canal E7 en VHF. Dans les régions de Châlons-sur-Marne (qui deviendra Châlons-en-Champagne), Reims, Epinal, dans l'ouest du département des Ardennes et le nord de la Haute-Marne, ils se voient désormais privés de cette station à laquelle ils se sont d'autant plus attachés qu'ils ont souvent investi dans des installations coûteuses pour la recevoir :



    Une installation de réception à longue distance de Télé-Luxembourg à Reims (Marne)
    Deux longues antennes captent le canal E7 en polarisation horizontale,
    tandis que le petit râteau en polarisation verticale capte la RTF de Reims sur le canal F5,
    d'abord sur le petit émetteur provisoire de la tour PTT de Vrigny, puis sur Hautvilliers.
    Après l'abandon du canal E7, Télé-Luxembourg ne sera plus capté à Reims.

    Merci à kiki37 pour ce document techniquement et historiquement très intéressant.
    Pour en savoir plus sur le "rotateur" (ou "rotor") d'antenne, cliquer ici

    Entre temps, à l'automne 1972, la couleur fait enfin son apparition sur Télé-Luxembourg : en PAL sur le canal E7 désormais destiné à l'Est de la Belgique, et en SECAM sur le canal 21 principalement reçu en Lorraine.

    A Nancy, nous le verrons très prochainement, le canal 21 est d'ailleurs désormais reçu bien plus confortablement que l'ancien canal E7, qui obligeait les installateurs à équiper les téléviseurs d'un "réjecteur", augmentant ainsi le prix d'achat des téléviseurs (nous en reparlerons en abordant la mise en service des émetteurs lorrains de la R.T.F.). Par contre, la réception hors de la Lorraine est désormais bien plus aléatoire, l'O.R.T.F. n'ayant aucun scrupule à mettre en service sur ce même canal 21, des réémetteurs de la Deux dans le Sud des Vosges ou en Champagne, interdisant toute réception à longue distance de l'émetteur luxembourgeois.

    En 1978, dans le cadre de son développement de la télévision, la C.L.T. envisage sérieusement de s'attaquer au marché ouest-allemand grâce à son puissant émetteur VHF reçu presque jusqu'aux portes d'Aix-la-Chapelle, Francfort ou Stuttgart : la Sarre, la Rhénanie-Palatinat et le pays de Bade pourraient parfaitement recevoir le canal E7, qui a l'avantage de pouvoir être immédiatement reçu par les téléviseurs d'outre-Rhin en le basculant simplement à la norme B
    allemande (625 lignes, polarité vidéo négative, son FM notamment), et en orientant ses antennes vers l'Allemagne de l'Ouest.

    Un émetteur complémentaire est donc mise en route sur le canal 27 UHF, à la norme G PAL proche de la norme H belge (une simple question de bande "vestigiale" entre canaux les différencie), avec son diagramme orienté lui aussi vers l'Est de la Belgique. Comme les Lorrains quelques années plus tôt, les Wallons seront appelés à un moment ou à un autre à abandonner le canal E7 au profit du canal 27.

    Mais le 31 juillet 1981 à la mi-journée, un Mirage de l'Armée de l'Air belge percute de plein fouet la moitié supérieure du pylône de Dudelange, qui, lourde d'une centaine de tonnes, s'effondre avec ses antennes, faisant en plus du pilote belge, deux victimes parmi le personnel de la station, un technicien et son épouse en train de déjeuner :


    La moitié inférieure du pylône après l'accident du 31 juillet 1981.
    Haut de 285 mètres, il sera reconstruit à l'identique en 1982.

    Document : Wikipedia - © Schaefc



    L'accident de Dudelange évoqué le jour-même dans les
    journaux télévisés de la R.T.B. et de Télé-Luxembourg


    © Documents RTBF et RTL-TVi

    Source : Antoine Libotte
    (vidéo originale V2000 convertie en VHS puis numérisée)

    Cliquez dans l'image ou ici pour voir la vidéo ou pour la
    télécharger (clic droit, "Enregistrer la cible..." - Taille : 94 Mo)


    En plus du deuil qui la frappe, la catastrophe est économiquement terrible pour Télé-Luxembourg, privée de diffusion hertzienne sur ses trois canaux et obligée de reconstruire entièrement un pylône émetteur, ce qui ne se fait pas en quelques jours.

    Dès le lendemain, en compensation des dommages créés par son avion militaire, la Belgique met fin au monopole de la R.T.B.F. et de la B.R.T. en autorisant le relais de Télé-Luxembourg sur les réseaux câblés belges. Or ceux-ci sont en plein développement dans tout le pays, ce qui ouvre à Télé-Luxembourg les portes de l'ensemble du marché belge de la publicité télévisée, à laquelle les chaînes publiques n'ont pas accès.


    Dernière modification par Colorix ; 08/01/2018 à 20h45.
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    Louis Marie Foratier

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  2. #322
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    Parallèlement, le temps que l'émetteur de Dudelange soit reconstruit, la C.L.T. obtient du Président François Mitterrand en personne l'accord pour que Télé Diffusion de France (alors organisme d'Etat) relaie Télé-Luxembourg en 625 lignes couleurs SECAM sur l'émetteur TF1 de Metz-Luttange, sur le canal F6-H initialement prévu à la norme 819 lignes. Ce n'est pas une nouveauté, car depuis 1973 TMC émet dans les mêmes conditions, des émissions en couleurs sur son canal F10-H également conçu pour le 819 lignes.

    TDF relaiera Télé-Luxembourg en couleurs seulement à partir du 25 février 1982 mais entre temps, nombreux sont les Lorrains qui, pour la capter, ainsi que TF1, ont remplacé leurs anciens râteaux VHF par des antennes UHF désormais incapables de capter le canal F6. Par ailleurs dans les régions hors de portée de Luttange, à Longwy, Forbach ou Sarrebourg, il n'y a aucun relais de prévu. La réception de la chaîne en souffrira sérieusement jusqu'à la reconstruction de ses équipements.

    Courant 1982, un
    pylône autoporté de 285 mètres est reconstruit à Dudelange, hébergeant de nouvelles antennes pour ses trois émetteurs :


    Le nouveau pylône autoporté de Dudelange construit en 1982
    Document : Wikipedia - © Les Meloures

    Entre temps, la chaîne abandonne le nom qui a fait sa renommée, RTL Télé-Luxembourg, au profit de celui plus générique de RTL-Télévision.

    Courant 1983, des étuides et des essais techniques sont menés pour concrétiser le projet de chaîne en allemand, tandis que les téléspectateurs belges et français voient, à partir du 12 septembre, leurs programmes se séparer à certaines heures, avec des journaux et des jeux, entre autres, orientés plus particulièrement sur chacune des deux audiences, belge et française. Ceci amènera plus tard la CLT a séparer définitivement celles-ci avec la création de RTL-TVI en Belgique en 1987.

    Le 2 janvier 1984 est officiellement lancée RTL Plus, de langue allemande, en direction des téléspectateurs de l'ouest de la République Fédérale Allemande, qui la captent sur le canal E7 reconverti à la norme B 625 lignes, couleur PAL, en vigueur dans leur pays. Ils n'ont qu'à s'équiper d'une antenne orientée sur Dudelange, dont le diagramme directionnel est orienté vers l'Est. RTL Plus, qui deviendra plus tard RTL Television, est alors la seule chaîne privée germanophone à émettre en hertzien sur le territoire allemand. Plus tard, certains Länder (Etats fédérés) autoriseront des relais locaux de faible puissance aux chaînes commerciales : RTL Television, SAT1, Pro7, etc.

    En 1991, la quasi-totalité des téléspectateurs belges regardant RTL-TVI sur le câble (on ne trouve pratiquement aucune antenne TV sur les toits belges), il est décidé de lui attribuer le canal 24 (limité à 200 kW de P.A.R.) en attribuant les 1000 kW de son canal 27 à une nouvelle chaîne "nationale" de langue luxembourgeoise (un dialecte proche de l'allemand), RTL-Lëtzebuerg.

    Le 23 janvier 1995 marque les 40 ans de l'arrivée de la télévision au Luxembourg. Ce soir-là, la chaîne reçue en France, qui avait entre temps changé une fois encore de nom en devenant RTL-TV, prend désormais celui de RTL9, avec l'abandon du format généraliste au profit de celui du créneau "famille-divertissement" étroitement lié à son développement sur le câble et le satellite en France. Mais ce sera aussi le début d'une période de plus en plus sombre pour la chaîne, qui se verra privée progressivement de ses animateurs et journalistes, puis de sa présence en Lorraine avec l'abandon de son décrochage local spécifique, avec, aussi, sa vente au groupe français AB désormais son seul propriétaire. Une station locale "Air" tentera sans succès de récupérer son audience avant de déposer le bilan au bout de quelques mois et l'arrivée de la TNT ne changera rien à la donne...
    Dernière modification par Colorix ; 12/03/2016 à 02h13.
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    Louis Marie Foratier

  3. #323
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    Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 : la Lorraine

    Le samedi 14 mai 1955, le jour-même de l'inauguration officielle de Télé-Luxembourg depuis le grand auditorium de la Villa Louvigny, la RTF contre-attaque avec la mise en service de deux émetteurs à Nancy et Metz, villes situées sur le parcours de son faisceau hertzien Paris-Strasbourg :


    Extrait d'un document collection kiki37
    Merci à lui !

    Toutefois, les moyens financiers et techniques sont limités et ces deux "postes", comme on dit alors, sont de faible puissance : 100 watts pour Metz et ses environs, 50 watts pour Nancy et son bassin. Le gros émetteur régional de 20 kW prévu au plan de Stockholm devra attendre un peu...


    1) Metz : le Mont Saint-Quentin puis Luttange

    C'est sur les hauteurs du Mont Saint-Quentin, qui domine Metz à l'ouest, qu'on a installé, près du fort du même nom, hérité des hostilités franco-allemandes de 1870, une tour de relais pour le "câble hertzien" reliant Paris à l'émetteur de la rue Lauth à Strasbourg :


    La tour de relais hertzien du Fort Saint-Quentin
    d'où furent émises les premières images de la RTF à Metz

    Document www.hertzien.fr
    Photographie © M. Arnaud AUGUSTE, mai 2008



    Le Mont Saint-Quentin et la tour hertzienne dominant Metz
    Document © Le Républicain Lorrain

    C'est donc tout naturellement sur cette tour, également connue sous le nom de Scy-Chazelles, sa commune d'implantation, qu'on met en service un petit émetteur de 100 watts sur le canal F6-H qui sera ensuite utilisé par l'émetteur régional de Luttange, au nord-est de Metz.

    Comme à Lille, Strasbourg ou Marseille, ceci obligera un an plus tard les téléspectateurs messins à faire réorienter leur râteau vers le nouvel émetteur et, dans certains cas, insérer un "suppositoire" (un atténuateur) sur la descente d'antenne de leur récepteur à cause de l'énorme différence de puissance entre les deux sites d'émission.

    Le 31 juillet 1956, la RTF met enfin en service son émetteur régional reçu dans la majeure partie de la Lorraine, à l'exception de certaines zones du nord de la région, près de la frontière :



    L'émetteur de METZ Luttange au début des années 60.
    Sous les panneaux du canal F6-H au sommet,
    ceux de la radio à modulation de fréquence.


    Ceci, nous y reviendrons un peu plus loin, nécessitera l'installation d'émetteurs de faible puissance à Longwy (40 Watts crête-image) et bien plus tard, par manque de fréquence VHF libre près de Sarrebrück, d'un relais en 819 lignes UHF à Forbach dans les années 70.

    Au Sud, un autre émetteur de 40 Watts
    sera installé à Epinal, première étape d'une phase de développement de relais locaux dans les vallées vosgiennes.
    Dernière modification par Colorix ; 06/04/2016 à 20h44.
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    Louis Marie Foratier

  4. #324
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    2) Nancy : Vandoeuvre puis Malzéville



    Le même jour qu'à Metz, le samedi 14 mai 1955, les habitants de Nancy voient eux aussi arriver les premières images de la RTF en concurrence directe avec la grande soirée de Télé-Luxembourg. Mais pour eux les conséquences sont bien différentes : le canal F7-V, choisi pour l'agglomération nancéienne, provoque des interférences avec l'émetteur luxembourgeois, et réciproquement : leurs fréquences sont trop proches. Avec seulement 0,95 MHz d'écart (il faudrait au minimum 2 MHz), le son de la RTF sur 188,30 MHz "entre" dans la vidéo du canal E7 (189,25 MHz), qui elle-même de son côté gêne l'audition des émissions de Paris.

    Pourtant, l'émetteur est peu puissant, avec 50 watts seulement. Son petit pylône s'élève sur les hauteurs de Vandoeuvre, au Sud de la ville mais cette bourgade encore rurale va être appelée dans les années suivantes à se transformer radicalement, avec la construction d'une immense zone d'urbanisation.



    A gauche, le pylône de Nancy-Vandoeuvre au début des années 60.
    Il n'y a pas actuellement de vue plus rapprochée de cet émetteur.



    Dominant la ZUP en pleine construction, le petit pylône TV se dresse en lisière de forêt
    Un grand merci au Service Documentation de la Mairie de Vandoeuvre-les-Nancy

    qui a très aimablement mis à disposition ses prises de vues aériennes inédites.



    La base du pylône sert désormais de relais GSM au 6 rue du Bois le Duc,
    le terrain ayant été revendu après le transfert de l'émetteur à Malzéville.
    Doc.
    © Google Street View
    Merci à kiki37 pour la retouche d'image


    Dans la zone de réception, les téléspectateurs seront obligés de faire insérer un filtre "réjecteur" destiné à réduire ces interférences mutuelles.

    On peut se poser la question du choix de ce canal F7 à Nancy, où par exemple le canal F11 (203,45 - 214,60 MHz) aurait pu être utilisé sans problème, aucun émetteur puissant n'utilisant sa bande de fréquences dans l'Est de la France ou dans les pays frontaliers limitrophes.

    En 1963, la station de télévision régionale de la RTF est "arrachée" par Nancy aux dépens de Metz. Elle est installée temporairement dans les bâtiments de "Nancy-Thermal" qui accueillent déjà la radio régionale RTF de Lorraine :



    Dominant le bâtiment de
    "Nancy-Thermal", le petit pylône du faisceau hertzien envoyant les
    émissions régionales "Lorraine-Champagne Ardenne" à l'émetteur régional de Metz-Luttange.

    Document © 100ansderadio.free.fr

    L'arrivée prévue de la Deuxième Chaîne vers 1965 va amener l'ORTF à remplacer ce petit émetteur par un pylône bien plus grand, beaucoup mieux adapté à la couverture UHF du Sud de la Lorraine, qui ne captera pas l'émetteur de Metz-Luttange.

    Le choix se porte, malgré le voisinage immédiat d'un petit aéroport, sur le plateau de Malzéville au nord-est de Nancy.

    Un mât de 200 mètres de haut accueillera donc le petit émetteur de 50 Watts de la Première Chaîne, toujours sur le canal F7-V, ce qui obligera les téléspectateurs nancéiens, comme ceux de Metz pour Luttange, à réorienter leur antenne.

    Quant à la diffusion UHF, celle-ci sera assurée par un émetteur de 20 kW (soit une puissance apparente rayonnée de 500 kW) sur le canal 29-H, bien reçu dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres alentours.

    Dernière modification par Colorix ; 09/04/2016 à 21h44.
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    Louis Marie Foratier

  5. #325
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    .
    L'émetteur de Vandoeuvre est donc remplacé par celui de Malzéville à l'occasion de l'arrivée de la Deuxième Chaîne dans la région. Quelques années plus tard, en 1971, Vandoeuvre devenue une vaste commune très moderne accueillera à nouveau la télévision, mais sous une forme différente : la station régionale de Nancy quittera ses locaux malcommodes de l'établissement thermal pour s'installer dans une confortable "Maison de l'ORTF" flambant neuve sur la route de Mirecourt :



    La station régionale de Lorraine mise en service en avril 1971 à Vandoeuvre-les-Nancy
    Noter la forêt d'antennes TV sur la tour, destinées à capter les TV étrangères limitrophes

    Document © INA et Getty Images

    De son côté, l'émetteur de Malzéville dispose lui aussi d'un bâtiment moderne et fonctionnel pour accueillir les deux chaînes de télévision et les trois radios FM de l'ORTF :


    Le bâtiment de Malzéville en construction en avril 1965.
    Le faisceau hertzien est pratiquement le frère jumeau de celui de Nancy-Thermal

    Document © Blog J'aime notre Lorraine



    Avec ses 220 mètres, le pylône de Malzéville est aussi haut que ceux de Caen et Nantes
    Document © Panoramio - Photographie © gilbert54690

    Toutefois, certaines parties de la Lorraine reçoivent mal ces deux émetteurs principaux de Luttange et de Malzéville. C'est notamment le cas dans le nord, près de la frontière belge à Longwy, dans l'Est, sur les flancs des Vosges près de Sarrebourg, et dans le Sud à Epinal et dans les vallées vosgiennes vers Saint-Dié et Gérardmer.

    Des relais de faible puissance sont donc installés dès les années 60 dans plusieurs endroits de la région, ne serait-ce que pour contrer la forte pénétration de Télé-Luxembourg à Longwy, Epinal, Verdun, Sarrebourg, Vittel, Saint-Dié, Sarreguemines, etc avec des puissances allant de 300 milliwatts à 40 Watts maximum.

    Pour la Deuxième Chaîne par contre, l'ORTF installe des émetteurs "intercalaires" à Sarrebourg, sur le Donon, à Epinal, dans le Bois de la Vierge près de la ville, à Vittel, Contrexéville et Bar-le-Duc, tous de moyenne puissance, de quelques kilowatts à 10 ou 20 kW selon les cas.

    nous l'avons vu, ces émetteurs permettent non seulement de couvrir les zones non atteintes par les émetteurs principaux, mais aussi de mieux adapter la couverture des stations régionales de l'ORTF par rapport à leurs circonscriptions régionales administratives, les futures régions.


    Photographies © T.D.F.
    Dernière modification par Colorix ; 11/04/2016 à 22h32.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

  6. #326
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    Les régions de Vittel et Bar-le-Duc se voient elles aussi dotées d'émetteurs intercalaires de radio FM et de télévision UHF qui améliorent très sensiblement la réception dans ces zones un peu éloignées :


    Documents © T.D.F. et © 1959 Télé 7 jours

    Cependant, ainsi que l'a souligné notre ami Baisin, tous les téléviseurs n'étaient pas en mesure de capter ces émissions "hybrides" : le sélecteur de programmes devait être en mesure de commuter ensemble la définition 819 lignes et la bande UHF, ce qui était possible avec les téléviseurs équipés de deux touches "819/625" et "VHF/UHF" séparées.

    Par contre c'était impossible avec par exemple un téléviseur Philips muni d'un levier, commutant soit en 819 VHF soit en 625 UHF, ou avec un téléviseur Ducretet-Thomson prévu pour capter le "625 lignes VHF belge" en enclenchant à la fois les touches 1 (819 VHF) et 2 (625 UHF), mais qui ne pouvait pas commuter en 819 lignes UHF.

    En plus de Forbach, plusieurs autres émetteurs "hybrides" fonctionnèrent en 819 lignes UHF avant de basculer en 625 lignes couleur lors de la duplication en 625 SECAM de leur émetteur pilote : Montpellier, Alès, Millau... et surtout "Paris-Nord Sannois" et "Paris-Sud Villebon" qui en décembre 1975 bénéficièrent d'une mesure particulière sur leur canal TF1 819 lignes UHF en prévision du passage de TF1 en couleur le 20 décembre en région parisienne.

    A l'époque, les actualités régionales étaient diffusées simultanément sur les trois chaînes.

    Aucun rapport avec l'ego (déjà) sur-dimensionné de certains élus locaux de l"époque, à qui cette mesure du "menu unique" ne déplaisait pas, bien sûr... En fait cela permettait de fournir simultanément à des régions limitrophes couvertes par un même émetteur, les journaux de ces deux (puis même trois parfois) régions : par exemple sur Niort Maisonnais, FR3 Poitou-Charentes sur TF1, mais FR3 Pays de Loire sur A2 pour le Sud Vendée qui ne pouvait capter Nantes Haute-Goulaine. Idem pour le Pic du Midi qui diffusait Toulouse sur TF1 et Bordeaux sur A2.

    Donc en décembre 1975 les téléspectateurs de Sannois et Villebon entendaient le message suivant à la place de celui de leur journal régional sur TF1, qui émettait tout à coup en 625 lignes couleurs (il s'agit d'une reconstitution, les JT parisiens de l'époque étant non publiés par l'INA) :



    Document audio © M. Thierry Vignaud 1975
    Document vidéo © I.N.A. 1975


    Si votre navigateur n'affiche pas cette vidéo cliquer ici
    (clic droit "sauvegarder sous..." si vous souhaitez la télécharger -taille 33 Mo).


    L'histoire ne dit pas si cette "émission expérimentale" s'est répétée à Forbach et dans les autres sites concernés.

    Ceci termine notre étape au Luxembourg et en Lorraine.
    N'hésitez pas à intervenir si vous avez des remarques ou des questions sur ce qui précède (ainsi que les étapes précédentes si vous le souhaitez).

    La prochaine région abordée sera la Champagne-Ardenne (Reims, Troyes, Mézières, Chaumont...) dans quelque temps, afin de vous laisser vous aussi participer à ce fil de discussion sur l'histoire de la télévision dans nos régions.

    Donc, à vous l'antenne !
    Dernière modification par Colorix ; 26/06/2017 à 01h23.
    Colorix
    Louis Marie Foratier

  7. #327
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    Pour Dudelange, il y a une sacrée longévité du Canal E7 VHF Bande III

    D' abord 819 lignes Belge( B.Passante "charcutée"), puis 625 lignes belge, puis norme B en 1990, pour RTL+ deutsch, puis, de nos jours, toujours le Canal E7 VHF Bande III, mais en norme DVB-T MPEG 2 SD MP@ML !

  8. #328
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    Citation Envoyé par Colorix Voir le message


    Pour les " intercalaires" en UHF 819 lignes, tous les tv ne pouvaient pas capter ces signaux.

  9. #329
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    Pour les radios privées de 1980, une radio " libre " était bien écoutée sur la Cote d' Azur, et la Rivièra: RADIO VINTIMILLE INTERNATIONAL ( RVI )

  10. #330
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    Merci pour l'etape Metz/Nancy Colourix!

    Keep up the good work, en fonction de ta sante....

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